Définir son identité
En 2006, j’écrivais un article pour le FCE qui portait sur les TIC à l’école de langue française en milieu minoritaire. Cette année, dans le cadre de l’institut des directions d’écoles du Nouveau-Brunswick, on m’a demandé de présenter un atelier sur le thème de la construction identitaire et les TIC. Bien que ce sujet m’intéresse énormément, je suis loin d’être un spécialiste dans ce domaine, mais j’ai néanmoins assez de vécu pour pouvoir en parler dans le contexte de l’usage des TIC. C’est un sujet qui me touche beaucoup et qui s’aborde souvent de façon émotive, même plus viscérale que cérébrale.
Depuis le début de l’intégration des TIC, les intervenants dans les écoles de langue française en milieu minoritaire ont toujours eu le double défi de trouver et d‘offrir des choix de ressources en français répondant aux besoins de l’ensemble de leur communauté scolaire. Plusieurs diront que consulter des sites en anglais ou encore d’utiliser des applications-logiciels s’affichant en anglais ne cause pas de problème et que d’ailleurs, tout le monde le fait. Pourtant l’affichage en anglais est l’un des premiers signes d’assimilation. Il est donc important d’offrir des environnements numériues français à l’ensemble nos communautés scolaires. Cette définition de la ACELF exprime très bien l’importance d’agir.
La construction identitaire est un processus hautement dynamique au cours duquel la personne se définit et se reconnait par sa façon de réfléchir, d’agir, de vouloir dans les contextes sociaux et l’environnement naturel où elle évolue. (ACELF 2010)
Ce petit sondage (résultats) permettra aux participants de faire une prise de conscience sur nos pratiques dans les environnements Web. Les contextes sociaux et l’environnement naturel du jeune se situent aussi sur le Web, mais dans quelle langue s’exprime dans ces espaces?
Le Web participatif et l’école francophone en milieu minoritaire.
Même si je ne suis pas de la Génération C, j’ai une certaine présence sur le Web. Mon carnet Web est comme une porte d’entrée sur internet et depuis plus d’un an, c’est aussi sur Twitter que je laisse mes traces (identité numérique). Il y a aussi ma chaine YouTube, et mes photos sur Flickr. J’ai bien un compte Facebook, mais j’ai encore beaucoup de difficulté à apprivoiser cet environnement social. Évidemment, je ne suis pas le seul ayant cette présence. Gary-Lee Kenny, mentor en TIC au district scolaire no 09, Danis Michaud, enseignante au CAHM sont très actifs dans le domaine scolaire au Nouveau-Brunswick. C’est certainement le leadeurship du directeur du CAHM, Roberto Gauvin, qui m’a amené à vouloir prendre une place « francophone » sur le Web. Plus récemment, on peut suivre les enseignants suivants; Manon, Marilou, Kevin, Michelle, Lynn et quelques élèves de l’école Calixte-F.-Savoie.
Néanmoins, comme institution, on ne peut pas dire que l’école francophone en milieu minoritaire a une présence très marquée dans le Web participatif. Les sites Web d’écoles ou de districts sont plus ou moins à jour et offrent peu d’interactivité. On ne semble pas reconnaître l’importance d’avoir une présence « actualisée » sur le Web. On dirait même que ceci est encore réservé à ceux qui « s’intéressent » aux TIC ou à ceux qui ont développé quelques habiletés avec l’ordinateur. C’est presque marginal de trouver des publications hebdomadaires dans des espaces publics lorsqu’on est enseignant francophone au Nouveau-Brunswick. En plus, on réserve surtout ces publications pour des projets d’écriture liés au cours de français ou de sciences humaines. L’école francophone 2.0 tarde à venir et pendant ce temps, les jeunes prennent leur place où cela leur convient le plus. Facebook, Youtube, Tweeter, etc… D’ailleurs, ils s’en servent pour se divertir, mais aussi pour le travail scolaire. Est-ce que l’école francophone en milieu minoritaire peut permettre à ces élèves d’agir, de réfléchir et de vouloir dans les contextes de réseaux sociaux?
En 2006, grâce aux projets FIA, j’ai pu mettre en place un projet de baladodiffusions dans les écoles du district scolaire no 11. Ceci devait permettre une certaine présence audio aux couleurs de l’Acadie sur le Web . Plus de 40 balados ont été publiés sur le site du district et quelques enseignants qui ont participé ont voulu poursuivre ce projet. C’est ainsi que la chaine YouTube de KentEBB et les capsules santés de l’école Notre-Dame ont vu le jour afin de publier quelques créations de leurs élèves. De depuis 2008, ce sont les blogues scolaires qui ont pris de l’ampleur. Le projet « Écrire pour apprendre à écrire » a permis à quelques enseignants de s’afficher sur le Web et ainsi continuer l’apprentissage tout en permettant à leurs élèves et aux parents de suivre et de participer à la vie de la classe.
L’institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques présente une publication de 2007 portant sur « Le Web comme outil pour le renforcement de la gouvernance des communautés francophones minoritaires ».
On peut lire ceci :
« Compte tenu de la prédominance de l’anglais dans Internet et de la plus grande difficulté à accéder au Web en milieu rural, il se peut également que l’usage d’Internet chez les communautés francophones minoritaires soit moins répandu et donc que les organismes voient moins la nécessité d’exploiter pleinement le potentiel interactif de la Toile. »
Je crois qu’il faut agir et que l’on doit offrir des environnements pour communiquer, créer et collaborer, et ceci autant pour les élèves que pour les enseignants. Il faut rendre notre école « webvivante » dans cette mer de contenu anglophone dans des espaces Web publics tout en respectant les paramètres de la politique 311 du MENB. Cessons d’être des observateurs et devenons des contributeurs du Web.
Présences de la francophonie du N.-B. sur le Web
Lors de la préparation de cet atelier, j’ai consulté différentes ressources existantes chez les francophones de la province. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais ce sont mes coups de cœur. D’abord, dans ce qui se trouve en dehors des écoles.
Ces sites permettent de se créer un compte afin de personnaliser son environnement. Il est aussi possible de se joindre à ceux-ci via les différents réseaux sociaux. Est-ce l’école offre ce service?
Les blogues personnels de Mathieu Haché (collaborateur dans Kboom) et Laurence Lemaire ont aussi piqué ma curiosité. Comment ce jeune de 14 ans de la région de Grande-Anse a-t-il découvert le blogue?
Sa réponse :
Bonjour,
Le blogue que tu as vue (sur Kboom) est seulement un endroit ou je publie mes meilleurs billets, en fait, mon blogue est a cet adresse : MathieuHInfo.blogspot.com. Et je publie aussi sur le blogue de la Radio Étudiante de mon école : RadioELL.webuda.com
Je suis étudiant de 7ème année dans la Péninsule Acadienne (plus précisément a Grande-Anse).
J’avais un blogue auparavant mais j’ai arrêter pendant plusieurs mois et j’ai fini pas oublier l’adresse ou j’était alors j’ai commencer ce blogue il y a environ 2 mois et je publie environ chaques jours.
J’ai découvers les blogues a travers blogger de Google en recherchant pour un hébergeur de sites web (il y a de ça quelques années), et un peu plus tard, j’ai décidé de m’en créer un.
A ma connaissance, je suis le seul qui en a un blogue, mais il y en a beaucoup qui a des sites piczo mais beaucoup en anglais.
Ça m’a fait plaisir de répondre a tes questions…
Présences sur Youtube
Le milieu scolaire Web 2.0
Agir ou pâlir?
Toutes les écoles du Nouveau-Brunswick sont branchées à Internet haute vitesse. La plupart ont un réseau sans fil d’excellente qualité. L’infrastructure technique est aussi de très bonne qualité. Tous les enseignants de la province ont un ordinateur portable de bonne qualité fourni par la province. Plusieurs classes du primaire offrent un ordinateur portable pour chaque élève. Le MENB offre différents services Sharepoint tels que les wikis, les blogues et de nombreux espaces de collaboration dans des lieux très sécurisés. La plateforme Desire2learn (CLIC) est aussi disponible dans plusieurs classes. Que dire que ADOBEConnect, sinon, un outil de communication en temps réel offrant de nombreuses possibilités. Ce n’est donc pas les ressources techniques qui manquent. Et là, je ne mentionne pas tous les blogues ou les wikis d’enseignants qui utilisent les services gratuits du Web 2.0. Les échanges entre collègues et entre élèves doivent-ils se faire uniquement dans des espaces sécurisés?
Je termine en lançant un appel à tous nos leadeurs pédagogiques de relever le défi et de contribuer dans le Web participatif afin d’avoir une présence professionnelle qui stimule la communication, la création et la collaboration chez les enseignants et les élèves. L’école est un univers social francophone des jeunes qui la fréquente. Ainsi, cet univers devrait s’étendre au-delà des murs de l’école. Une place doit être prise par notre système scolaire dans les différents réseaux sociaux et permettre aux communautés de réfléchir, d’agir et de vouloir évoluer dans ces contextes de médias sociaux en français.
Question de réflexion :
Est-ce que l’insécurité linguistique freine la présence sur le Web des francophones en milieu minoritaire?
Présentation utilisée lors de l’atelier:
Ressources à consulter : http://delicious.com/manzerbe/Institut